Les violences faites aux femmes au Bénin en 2021

Les violences faites aux femmes constituent un fléau social qui ne cesse d’être décrié par les associations de défense du droit de l’homme et de la femme en particulier. Une étude réalisée auprès d’un échantillon de 4649 femmes et filles âgées de 6 ans et plus, signale que la majorité des répondants de 15 ans ont déclaré avoir subi de la violence au moins une fois dans leur vie de la part de la société, fréquemment du conjoint ou du partenaire du fait de leur statut de femme. Ce phénomène constitue une atteinte grave aux droits de la personne en l’occurrence ceux des femmes et remet en cause la question de l’égalité de tous au sein de la société.
Pour pallier à ce problème, le législateur béninois a mis en place un arsenal juridique matérialisé par la loi n° 2011-26 du 09 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes. Aux termes des dispositions de l’article 2 de cette loi , on entend par violences faites aux femmes tous actes de violences dirigés contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques y compris la menace tels actes ,la contrainte ou la privation arbitraire de liberté ,que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privé.
Ces atteintes concernent notamment les violences physiques ou morales, sexuelles et psychologiques au sein de la famille tels que les coups, le viol conjugal, les agressions et atteintes sexuelles, les mutilations génitales féminines telles que prévues par la loi n° 2003-03 portant répression des pratiques des mutilations génitales féminines en République du Bénin, les mariages forcés ou arrangés, les crimes d’honneur et autres pratiques traditionnelles préjudiciables aux femmes et les violences physiques ou morales ,sexuelles et psychologiques exercées au sein de la collectivité y compris le viol, les agressions et atteintes sexuelles ,le harcèlement sexuel tel que prévu par la loi n ° 2006 -19 du 05 septembre 2006 portant répression du harcèlement sexuel et protection des victimes en République du Bénin et l’intimidation au travail ,dans les établissement d’enseignement et autres lieux ,le proxénétisme ,la traite ,la prostitution forcée (… ).La répression de ces actes constitutifs de violences faites aux femmes est organisée par ces différentes lois suscitées en ce qui concerne les sanctions et les dispositions du code de procédure pénale quant à la procédure.
Comme sanctions pénales afflictives à cette infraction qui porte atteinte à l’intégrité physique et morale de la femme, nous avons des peines d’emprisonnement, des peines d’amendement, de réclusion criminelle…
A ces lois s’ajoute le code pénal qui vient en appui et sacrifie une bonne partie de ces dispositions( art 254,525,526,527,548,550,551,552 ;553,581) à la répression de ces actes et le code des personnes et de la famille selon qui, ces actes constituent des causes de divorce (art 233 ,234).
Il faut souligner que la persistance de discrimination et violences à l’égard des femmes et le non- respects des droits de la femme demeure une réalité à cause des différentes perceptions, pratiques et croyances traditionnelles fortement ancrées dans le quotidien des populations.
Pour mettre fin définitivement à ce fléau la politique pénale ne doit pas être uniquement répressive. Une sensibilisation et une conscientisation au niveau des différentes couches de la société est utile et nécessaire.
Voici un tableau qui reclasse quelques actes fréquents avec les sanctions prévues par les textes et lois en vigueur en République du Bénin.

Ezechias ADINGNI.
Stagiaire au cabinet de Me Ibrahim SALAMI